Annette

Annette ★★★★★

Lauréat du Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes, cette ambitieuse comédie musicale de Leos Carax est scénarisée par Ron & Russell Mael, qui en ont par ailleurs composé la trame sonore. Le récent documentaire The Sparks Brothers d’Edgar Wright m’a fait immédiatement devenir un fan du groupe, dont j’ai dévoré l’entière discographie depuis. Bref, mes attentes étaient élevées, et elles ont été comblées par ce film qui, bien que racontant une histoire tragique, possède en filigrane toute l’irrévérence, l’autodérision et l’ironie des chansons de Sparks.

Visuellement sublime et débordant de fulgurances stylistiques, Annette est méta et théâtral, embrassant une artificialité assumée. On y chante beaucoup, autant à moto qu’en baisant, mais ça ne ressemble pas vraiment à aucun des classiques de l’âge d’or de la comédie musicale. Éventuellement, j’ai réalisé que ça s’apparentait surtout aux opéras rock comme Phantom of the Paradise de Brian De Palma, Tommy de Ken Russell ou Pink Floyd : The Wall d’Alan Parker, à mon plus grand plaisir.

Adam Driver est extraordinaire dans le rôle central, n’hésitant pas à être foncièrement antipathique alors qu’il joue un humoriste troublé et troublant, qui fait rire son public avec son humour noir... jusqu’à ce qu’il aille trop loin et qu’il soit « cancellé ». Il entretient par ailleurs une relation toxique avec une soprano (Marion Cotillard) qui meurt chaque soir sur scène, comme si elle apprivoisait sa mortalité. Puis durant la dernière heure, ça devient merveilleusement bizarre, notamment par l’usage d’une marionnette pour incarner leur bébé, qui donne son titre au film.

Block or Report

Kevin liked these reviews

All