Licorice Pizza

Licorice Pizza ★★★★★

Les chroniques nostalgiques Once Upon a Time... In Hollywood de Quentin Tarantino et Almost Famous de Cameron Crowe sont deux de mes films préférés, et Licorice Pizza s’inscrit dans la même lignée, transportant avec un grand souci du détail et une trame sonore à tout casser (les électrisants needle drops incluent Paul McCartney, David Bowie et The Doors) le spectateur à une autre époque, où évoluent des personnages formidablement colorés. Dans la filmographie de Paul Thomas Anderson, ce nouvel opus évoque Boogie Nights pour le milieu californien des années 70, mais il s’apparente encore plus à Punch-Drunk Love, en tant que comédie romantique glorieusement excentrique et imprévisible.

En 1973, Gary Valentine (Cooper Hoffman, le fils du regretté Philip Seymour), 15 ans, est acteur à ses heures, mais surtout magouilleur, démarrant éventuellement des entreprises de lits d’eau et de machines à boules. Lors des premiers instants du récit, il rencontre Alana Kane (Alana Haim, du trio musical qui porte son nom de famille, dont les autres membres — ses sœurs Danielle et Este — jouent aussi dans le film), dans la mi-vingtaine, qui cherche vaguement un sens à sa vie.

Le scénario de PTA parvient naturellement à nous faire aimer ces deux personnages et à croire à leur attirance mutuelle, et ce serait déjà assez pour faire de Licorice Pizza un bon divertissement. Mais c'est dans ses tangentes et ses égarements que ce « hangout movie » devient extraordinaire. Sans trop en révéler, les moments forts incluent la séquence hilarante au Tail o' the Cock avec Sean Penn et Tom Waits; celle avec un Bradley Cooper complètement déchaîné dans le rôle de Jon Peters; et, dans un registre moins exubérant, la trame narrative impliquant un politicien incarné par Benny Safdie.

À la réalisation et la co-direction photo (avec Michael Bauman), Paul Thomas Anderson fait preuve d’une totale maîtrise comme toujours, avec notamment des manœuvres de caméra complexes et un usage ingénieux des reflets, sans toutefois que cela devienne tape-à-l’œil. Ce qui frappe le plus, c’est sa direction d’acteurs impeccable, avec entre autres des performances irrésistibles par les nouveaux visages dans les deux rôles principaux, Cooper Hoffman et surtout Alana Haim, une incroyable révélation, qui crève l’écran chaque fois qu’elle y apparaît. Drôle, sexy et attachante, elle nous donne immédiatement envie de la revoir régulièrement au cinéma.

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