Parasite ★★★★★

La carrière de Bong Joon-ho a connu une progression fulgurante depuis que j’ai vu son Memories of Murder à Fantasia 2003. Des productions sud-coréennes comme The Host et Mother ont marqué les esprits, alors qu’il faisait aussi des incursions dans le cinéma international avec Snowpiercer et Okja. Mais rien n’égale le buzz assourdissant entourant Parasite depuis sa présentation en mai dernier au festival de Cannes, où il a remporté la Palme d’Or.

M’asseyant dans la salle en n’étant au courant que de ce buzz et de comparaisons réductrices à la série Les Bougon, j’ai pu pleinement savourer cette œuvre riche en rebondissements. Bong Joon-ho cosigne un scénario d’une ingéniosité machiavélique sur la division des classes (cette ligne qu’il ne faut pas franchir) et sur les inégalités économiques. Bong s’impose par ailleurs plus que jamais comme l’un des meilleurs réalisateurs au monde, calibrant parfaitement chaque scène, chaque plan pour communiquer des idées et transmettre des émotions. Les décors principaux du récit (un demi-sous-sol insalubre et une luxueuse maison d’architecte) et la façon dont ils sont filmés suffisent déjà à évoquer clairement la réalité dans laquelle évoluent les différents personnages. Bong défie toute catégorisation simpliste, passant harmonieusement d’un genre à un autre tout le long de ce qui est tour à tour une comédie satirique, un drame social, un thriller hitchcockien et carrément un film d’horreur, et ce, toujours dans l’optique de raconter son histoire du mieux possible.

Parasite est à la fois une métaphore fascinante et tout simplement un formidable divertissement, un buffet 5 étoiles à volonté de plaisirs cinématographiques, un film drôle, intelligent, sournois, déchirant, intense… Je n’en dis pas plus et je reste intentionnellement vague pour ne rien « divulgâcher ». Mais sachez que la réputation de ce film n’est pas surfaite : cette Palme d’Or est véritablement un événement incontournable de l’année cinéma.

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