Star Wars: The Last Jedi

Star Wars: The Last Jedi ★★★★

À l’instar de Fury Road, j’aime les films rectilignes, qui se déroulent sur une droite qu’on parcourt dans les deux sens, ça donne aux idées la force d’une structure narrative et à la structure narrative la force de ses idées. 

Et à l’intérieur de ce système, on voit d’autant mieux les boucles que travaille Johnson, celle qui veut se débarrasser du passé bien que celui-ci soit condamné à se répéter (Kylo Ren), celle de l’héroïsme qui se boucle dans les sacrifices parfois inutiles (Poe, Finn), celle du complexe militaro-industriel qui crée une boucle capitalistique (la belle séquence au casino et la fuite), des boucles qui s’obstinent à ne pas faire avancer le récit alors que toutes les forces convergent vers la même droite, la même opposition, d’où les héros peinent, avec raison (ce n’est pas vraiment leur conflit, ils sont pris dans les tranchées de la répétition morbide), de s’extirper ou de trouver un sens en bout de ligne ; comme Rey qui, arrivée au bout de sa ligne (sa quête identitaire) n’y voit que la répétition, étirée vers l’arrière, comme consolation.... Alors qu’en parallèle, elle découvre que des raccourcis existent sur cette droite, des trous de ver (le « Force Skype », brillamment monté), mais tout le monde lui dit de ne pas regarder par ces trous. Frustrée, elle retourne enfin dans la droite générale, y tenir le rôle qu’elle doit tenir, alors que la vérité, comme nous le dit Knives Out, est toujours dans le trou du donut, le trou de la boucle. 

Maintenant, il ne reste plus qu’à observer dans quelle mesure JJ s’en crissera ou pas.

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