Dune

Dune ★★★★

THIS IS ONLY THE BEGINING

Pensées en vrac:

C'est finalement assez frustrant parce qu'on a tant attendu le Dune de Villeneuve pour qu'à son arrivée on découvre qu'il faut en fait encore attendre pour VRAIMENT voir le Dune de Villeneuve.

J'ai pas lu le roman mais je connais sa réputation de narration complexe et là il me semble que Villeneuve a réussi son pari tant la narration est limpide. Tous les conflits et camps sont introduits de manière à ce que ce soit parfaitement compréhensibles pour le commun des mortels. Cependant ça se fait à coup de dilgoagues explicatifs et de scènes explicatives comme ce projecteur qui explique les événements, c'est pas fin mais c'est efficace !

Enxore une fois, j'ai pas lu Dune et donc me base sur les échos que j'en ai, mais il me semble que c'est un roman beaucoup plus sombre et politique que le film ne l'est. Dans le Villeneuve cette noirceur apparaît que rarement, la guerre sainte seulement évoquée(pour l'instant) et l'aspect colonisation/décolonisation, pillage et capitalisme débridée sont présents mais sans ampleur(cocasse).

Je dis cocasse parce que le film a justement une ambition et une ampleur démesurée, de film hyper spectaculaire où tout est immense dans les architectures, les cadres, les paysages etc mais le cœur du récit donc politique et intimiste prend moins en amplitude. Villeneuve dit vouloir toujours être attaché à l'intime, et ça se ressent, mais la quête intérieure du héro et le drame familial manque d'épaisseur pour le second, et pour le premier ça se résume surtout à des visions oniriques sur utilisées.

J'ai lu la comparaison avec Lean sur ce mélange d'ampleur démesurée et d'intime mais il me semble que chez Lean l'ampleur des images sert mieux l'intime et in fine ce rapport intime/spectaculaire penche plus vers l'intime tout en étant mieux dosé. Suffit de voir un film comme La fille de Ryan où l'ampleur colossale infuse un triangle amoureux assez simple, de manière unique et extraordinaire.

Autre différence avec Lean, c'est l'utilisation de la musique. Chez Lean aussi elle est importante mais beaucoup plus ponctuel, là c'est abusif entre ça et le sound design c'est lassant et assourdissant. Ça a ses avantages puisque ça permet l'immersion et je suis du genre à penser que divertir/stimuler son spectateur c'est important parce que quand tu as son attention tu parviens mieux à lui véhiculer ce que tu souhaites. Ça participe aussi à l'atmosphère et je trouve que le son du film ajoute beaucoup d'aura mystique et mythologique à l'oeuvre. Mais yen a trop c'est pénible.

Cette mythologie c'est probablement ce que j'ai préféré dans le film. L'univers crée est hyper riche, un film monde dans lequel on pourrait se perdre tant il y a de détails dans les accessoires, les langues, les décors, les costumes, le système politique etc. C'est très alléchant et la curiosité appelle à en savoir plus mais le mystère qu'on a actuellement est très savoureux(par exemple les Bene Gesserit, j'aimerai tant en savoir plus et en même temps...). Je comprends maintenant sans problème que le livre est un tel statut mythique tant l'univers est passionnant.
À ce niveau ça m'a pas mal rappelé Ridley scott notamment sur Prometheus(mais aussi blade runner) où il entretenait le mystère et l'imaginaire, en revelant suffisamment de mythologie, ni trop ni pas assez, pour qu'on soit fasciné.

Pour la suite je suis assez confiant, ce film là m'a convaincu et agréablement surpris meme si il a ses limites. De ce que j'ai entendu, la partie 1 n'était que les bases donc on peut espérer plus d'ampleur sur les enjeux, le caractère politique, les conflits intimes etc. D'autant plus que Villeneuve a dit que le 2 aurait plus de spiritualité, mais en même temps le 2 doit également avoir une grosse guerre donc bcp d'action, à voir comment il va agencer tout ça.

Derniers mots pour Chalamet. J'étais pas trop convaincu par le choix et les premières minutes du film ont confirmés mes craintes(j'ai failli hurler quand il a dit "give me the water") avant que ce qui suive ne les dissipent, et maintenant je trouve que c'est un choix parfait. Certes, il manque de charisme et d'émotions, mais justement il incarne parfaitement le gosse qui n'a pas les épaules mentalement et physiquement pour assumer un tel destin, comme il semble ne pas avoir les épaules pour porter tel film. On se demande aisément ce qu'il fout là et pourquoi lui mais ça correspond bien finalement au personnage, pourquoi lui et tous les personnages s'interrogent sur la véracité de cette prophétie et sur la crédibilité de cet élu.

Ah ouai et le charisme de Charlotte Rampling écrase tout le cast avec juste sa voix et 2 minutes à l'écran


(Des blockbusters comme ça on en veut plus souvent....)

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