Memoria

Memoria ★★★★

Entrer dans cette salle familière qu'est l'Impérial. Prendre place à l'avant, seul. S'endormir lentement une fois que les lumières se tamisent.

Puis ce son. Un son mystérieux, mais qui semble significatif. Un son que, en obéissant à une volonté interprétative décrite ailleurs par Derrida, on s'efforce à trouver le sens.

Interpréter, c'est laborieux. Surtout quand notre approche est exégétique. La première partie de Memoria m'a plutôt assomé, au point de me faire alterner entre éveil et rêve. Mes songes n'étaient pas aussi sereins qu'à l'époque de Tropical Malady, tout simplement parce que le désir de savoir l'emportait sur ma fatigue. Les détectives sont toujours des insomniaques.

L'enquête nous entraîne hors de la ville, aux origines du monde. C'est là qu'il se passe quelque chose, que Memoria prend son envol en épousant sereinement le réalisme magique. C'est également là que le cinéma de Weerasethakul s'épanouit en trouvant un refuge.

Et que le monde change, en permettant à l'humanité de disparaître.

Ensuite, le silence, pour ensuite reconnecter avec l'humain en quittant la jungle pour retrouver une foule d'amis qui discutent dans une rue achalandée du centre-ville.

Il y avait de la magie dans l'air hier soir.

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