Outrage

Outrage ★★★★

Les 15-20 premières minutes tiennent du chef d'oeuvre, la mise en scène est renversante, et la scène de l'agression demeure un modèle que l'on devrait étudier: Lupino ne peut rien montrer (et de toute façon c'est rarement une bonne idée de montrer), alors elle transfère l'émotion à une scène de poursuite angoissante, qui se termine avec la caméra qui s'élève et cache l'agression par un mur et le bruit d'un klaxon continu (le son agressant contribuant à faire sentir l'oppression), jusqu'à cadrer un homme qui ferme sa fenêtre pour ne rien entendre; c'est tellement limpide et éloquent, et simple en même temps. Et oui, pour 1950, faire un film sur les conséquences psychologiques d'une agression sexuelle, c'était audacieux en maudit, mais je trouve que le film se perd un peu en cours de route, lorsque la protagoniste fuit sa maison, parce que le point de vue se déplace peu à peu vers un homme, qui a le beau rôle de la "sauver". Je n'en tiens pas trop rigueur, la perspective reste peu explorée même aujourd'hui, et dans le contexte de l'époque c'est déjà extraordinaire comme prémisse, et il y a encore des moments très forts, mais bon ça diminue un peu l'impact du film, même si la mise en scène demeure impeccable jusqu'à la fin.